Associé : les règles à respecter

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Comme nous l’avons vu dans un article précédent, pour réussir il est indispensable de bien s’entourer. Et parfois, il s’agit de s’associer. Mais s’associer n’est pas un acte anodin. C’est comme un mariage. Vous n’allez pas décider de vous marier avec la première personne venue. Nous allons voir ensemble les points importants pour une association réussie.

 

La première étape : s’associer ou pas ?

Avant d’aller chercher un associé, il faut d’abord se demander si l’on est prêt à partager. En effet, en s’associant vous allez pouvoir partager le travail, les tâches à faire (c’est le bon côté de l’association). Mais il faudra aussi partager :

  • Le pouvoir,
  • Les bénéfices.

Ainsi, même si c’est votre projet à la base, une fois la société créée, cela devient un bien commun. Aussi, soyez bien sûr d’être prêt à partager le gâteau.

Nous l’avons vu en introduction, s’associer c’est comme se marier. Or tout le monde n’est pas fait pour le mariage. Pour s’associer, il faut être prêt à faire des compromis, à écouter les avis de vos associés. Et comme dans un mariage réussi, il faut avoir confiance dans ses associés. Sans confiance, il sera difficile d’avoir une bonne collaboration.

Une fois ce travail fait, vous devez vous demandez ce qui vous pousse à vous associer. Or certaines raisons ne sont pas forcément pertinentes pour s’associer. Nous allons en voir trois.

 

La peur d’entreprendre seul

 Créer son entreprise, c’est bien souvent faire un grand saut dans l’inconnu et cela peut faire peur. Aussi, se lancer à deux peut être rassurant. Mais l’association n’est pas forcément la bonne solution. En effet, votre besoin réel est d’être soutenu moralement. Or il existe d’autres solutions comme le mentorat, les coachs, l’accompagnement. Il existe plusieurs associations proposant ces services.

 

Par honnêteté

Parfois, on s’associe par souci de respect ou de justice, en pensant le faire par devoir envers une personne qui vous a aidée lors du lancement du projet. C’est une forme de remerciement.  Or comme nous le verrons plus tard, un associé doit être motivé et vous apporter des choses sur le long terme. De même, prendre un ami comme associé pour lui rendre service, lui trouver un travail n’est pas vous rendre service. J’ai vu le cas, sur un des dossiers que j’accompagnais. Mon client voulait prendre un ami, commercial, comme associé. Ce dernier n’apportait que sa force de travail. Le projet (il s’agissait d’une franchise) venait de mon client. C’est lui qui avait monté le dossier de A à Z. Je lui ai déconseillé de prendre son ami comme associé. Mieux valait le prendre comme commercial en salarié avec des objectif et un paiement à la commission. Mon client a suivi mon conseil et bien lui en a pris. Il a dû le licencier par la suite. S’il avait été associé, la séparation aurait été beaucoup plus compliquée.

 

Pour intégrer une compétence qui vous manque

Au lancement d’une entreprise, l’argent est bien souvent une denrée rare. Aussi, on se dit que de prendre comme associé une personne ayant la ou les compétences qui vous manquent peut être source d’économie. Mais d’une part, être un associé nécessite un peu plus que de simples connaissances techniques. Et d’autre part, il faut vous assurer que les compétences sont nécessaires sur le long terme et non juste pour le lancement de l’entreprise. En effet, dans le dernier cas, une fois que vous n’aurez plus besoin de ces compétences, la personne restera comme associé.

Dans le même cas, proposer à un fournisseur de le payer en titre est bien souvent un mauvais calcul, surtout au début.  En effet, votre entreprise est toute jeune, elle n’a pas encore généré de chiffre d’affaires ou très peu. Elle a donc une valorisation très faible. Or votre fournisseur pourra chiffrer clairement le montant de ce qu’il vous apporte. Or cela peut représenter une part importante de votre capital. Par ailleurs, par expérience, celui qui ne se fait pas payer en cash, va bien souvent essayer de faire des économies sur sa prestation. Je n’ai malheureusement vu que trop souvent des déceptions dans ce type de montage.

 

Qu’est-ce qu’un bon associé ?

Maintenant que vous êtes sûr d’être prêt à prendre un associé et pour de bonnes raisons, il s’agit de trouver le bon (ou la bonne, les femmes aussi entreprennent et de plus en plus d’ailleurs !).

Winston Churchill disait « Si deux hommes ont toujours la même opinion, l’un deux est de trop ! »

Je suis assez d’accord avec cela. Un bon groupe d’associés sont des personnes avec des compétences différentes, complémentaires mais aussi un parcours, des expériences différentes.

Prenons quelques exemples : Steeve Jobs et Steve Wosniak,

Ce sont leur complémentarité qui ont fait leur succès.

Mais les associés doivent avoir des points communs :

  • Être des moteurs pour l’entreprise,
  • Faire preuve d’initiative,
  • Avoir une vision stratégique pour leur entreprise.

Ils doivent accepter les discussions, les avis contraires, faire des compromis. Evidemment, me direz-vous les gens changent avec le temps. Leur chemin, leurs désirs peuvent finir par se séparer. Exactement comme dans un couple ! Mais il y a une solution toute simple pour cela.

 

Le pacte d’actionnaire

Dans un mariage, bien souvent, les époux contractent un contrat de mariage. Ce dernier va définir les modalités de rupture en cas de divorce. Répartition de l’argent du couple, répartition des biens. Un pacte d’actionnaires c’est exactement la même chose. Cela permet de prévoir les clauses de sortie aux actionnaires.

Les raisons de sortie d’un associé peuvent être très nombreuses :

  • Direction de l’entreprise qui ne le satisfait pas (une croissance trop importante, une structure qui devient trop lourde pour lui. Et oui, tout le monde ne rêve pas d’être à la tête d’une multinationale),
  • Changement dans sa vie personnel (maladie, divorce, …),
  • Proposition de rachat, l’un souhaite vendre et l’autre préfère continuer l’aventure.

Pour éviter un drame humain et  surtout financier, il est primordial de fixer les règles de sortie dès le départ. Ainsi, on évite les problèmes de frustration. Par exemple, j’ai deux confrères qui ont repris des cabinets ensemble. Ils ont fait un pacte d’associés qui prévoit entre autre que si l’un deux veux partir l’autre s’engage soit à racheter les parts après évaluation par deux experts soit à vendre ses parts à un éventuel repreneur. Ainsi la vente ne peut pas être bloquée par le veto de l’un des associés.

 

Conclusion

On l’a vu, prendre un associé n’est pas un acte anodin. Il s’agit de bien le choisir. Par contre, ce que l’histoire nous dit c’est qu’il n’existe pas de bonnes ou de mauvaises façons de s’associer. S’associer en famille, entre amis, avec des personnes similaires ou très différentes, l’expérience nous montre des exemples de réussites et d’échecs dans chacun de ces cas. Mais avec une bonne discussion, en mettant les choses à plat, au clair entre associés, en faisant un pacte d’associés, vous limiterez les risques d’échecs. C’est comme dans un couple. Le dialogue est très important. Le manque de dialogue engendre beaucoup de maux !

Je m’appelle Cédric Le Clézio. Je suis expert-comptable au sein du cabinet Expansium, à Paris. Je conseille des créateurs et des repreneurs de l’origine du projet (analyse de l’idée, réalisation d’audit de la cible…) jusqu’à la phase de création de la structure juridique (conseil dans le choix de la forme juridique, élaboration du business plan, mise en place des outils comptable et de gestion). Je leur apporte mon expérience tant sur le plan juridique, fiscal que sur le plan comptable.
Associé : les règles à respecter
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